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Amour, gloire et gay-té

Gays, lesbiennes : on entend de plus en plus parler d'eux, sans jamais vraiment les connaître. Tout ce que vous avez voulu savoir sur les homos sans jamais avoir osé le demander. C'est exit, la nouvelle association gay et lesbienne de l'INSA qui s'y colle.

L'homosexualité : un tabou chez les étudiants La question de l'homosexualité reste, chez les étudiants en général et particulièrement à l'INSA un sujet tabou. Les colonnes de ce journal en témoignent puisque le sujet n'y a jamais été abordé autrement que par des allusions et des plaisanteries. L'image que les étudiants ont de l'homosexualité ne provient que de reportages ou de rumeurs sur des personnes de leur entourage. C'est presque une chose inexistante, irréelle. Comme si les homosexuels étaient des gens dont on nous parle mais qui n'existent pas. Avec les débuts d'Exit, la nouvelle association gay et lesbienne de l'INSA, les premières affiches, les premiers tracts, nombreux sont ceux qui n'ont pas pris notre initiative comme quelque chose de sérieux. Ils sont même venus nous demander en personne, lors de la distribution des tracts, si c'était une plaisanterie. Pourtant, nos publications étaient sérieuses et réfléchies. Cela est symptomatique de l'ignorance, du manque d'information concernant l'homosexualité à l'INSA et en milieu étudiant en général. Exit est là pour lever le tabou.

Les raisons de ce tabou On pourrait attribuer un peu rapidement ce silence à une parfaite acceptation de ce mode de vie un peu atypique. En fait, il n'en est rien. Cette attitude est le résultat de toutes les phobies liées à l'homosexualité. Il y a derrière cette réaction, l'idée latente et tacite que l'homosexualité est une aberration, au sens premier du terme, c'est-à-dire quelque chose qui n'est pas naturel, une déviance. Lorsque le sujet entre dans la conversation c'est souvent sur le ton de la plaisanterie, de la moquerie pour être plus exact. Cela traduit une profonde angoisse, une peur de la différence même, qui prend parfois la forme d'une haine. La raison d'un tel tabou se trouve peut-être dans le doute auquel chacun est confronté au moment où il cherche à se définir, en découvrant l'amour et la sexualité. De plus, l'homo ou la bisexualité bouleverse les valeurs les plus ancrées dans la culture (famille, enfants, couples hétérosexuels). Elle fait peur car elle apparaît sans repère connu et à l'opposé du schéma " classique " qui, lui, rassure. Et pourtant, y a-t-il une quelconque justification éthique ou morale qui condamne un garçon qui aime un garçon ou une fille qui aime une fille ? Est-ce une perversion ? Nous nous sommes fixé comme ambition pour ce dossier de pallier le manque d'information, afin de s'assurer que personne ne se fasse de fausses idées. Notre idée directrice repose sur le fait que l'information permet d'éviter de nombreuses réactions de rejet qui ne sont motivées que par la peur de l'inconnu, du différent.

L'INSA n'échappe pas à la règle (selon les sources 5 à 20 % des personnes sont concernées par l'homosexualité). Avec presque 70% de garçons (qui souvent partagent la même chambre), il y a, à l'INSA comme partout, des personnes homosexuelles. Il y a des étudiants homosexuels, des étudiantes homosexuelles, des profs homosexuels (que fait la police ?!), du personnel homosexuel. Il est parfois utile de le préciser, ne serait-ce que pour soulever des interrogations. C'est aussi pour ces personnes parfois anonymes et isolées que ces articles ont été écrits. Etre gay et ne pas être La question de l'homosexualité étant totalement occultée, les gays ont la sombre impression de ne pas exister à l'INSA. Or chacun à besoin de se sentir exister, de partager avec les autres des sentiments, d'avoir des moments d'intimité, des moments difficiles… Quand on est gay, toutes ces choses si simples deviennent plus compliquées, il y a toujours ce secret latent, cette partie de soi qui ne peut s'exprimer comme elle le voudrait. Intégration Aussi, que faut-il faire quand on a des doutes sur la sexualité d'un de ces amis ou proches ? La première chose à se demander, c'est si cela nous regarde, si on est suffisamment proche avec cette personne pour se permettre des investigations dans sa vie privée. Mais de toute façon, poser la question brutalement est toujours déplacé, mieux vaux suggérer, susciter la confidence. Le meilleur moyen est peut-être de s'arranger pour qu'il comprenne que vous êtes résolument ouvert et que vous acceptez les homos, en le glissant dans une conversation. Ensuite, il lui appartient de vous le dire ou pas, mais cela reste son choix. Ce n'est pas ici un appel à la condescendance ou à la commisération que nous essayons de faire passer ici, mais l'idée simple que plus l'homosexualité sera banalisée et mieux ça sera, pour les homos qui se découvrent comme pour les autres. Mais dans tous les cas il faut faire attention à une chose : c'est de ne pas tomber dans une chasse aux pédés malsaine et uniquement voyeuse. C'est la tentation de beaucoup ; lorsqu'on dit à quelqu'un qu'on fait partie d'exit. La première réaction est bien souvent de demander qui en fait partie. Or quel est l'intérêt de cela ? Pouvoir montrer du doigt ces gens-là par la suite en disant à ces amis "T'as vu celui-là, il est homo."

 

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